I’m a self made man

Je ne suis pas spécialement un littéraire, j’aime peu la lecture, je préfère regarder les images. Les images soulèvent sans cesse des énigmes, je ne saurais parler que par énigmes de toutes ces choses qui nous entourent.

Je me souviens…

comment j’ai commencé la sculpture…dans un grand établissement en béton de plus de cent mètres de long, dans un bled en Bourgogne, où j’ai atterri à 15 ans avec mes disques et mes trois bouquins, je ne sais comment !

J’ai trouvé des profs de dessin et de peinture avec qui j’ai entretenu des relations éphémères. Je conserve un excellent souvenir de leurs cours où il était parfois difficile de  faire vraiment quelque chose. Donc dans ce cours j’ai découvert la sculpture, la terre, et j’ai fait deux trois bricoles en béton cellulaire.

En fait j’ai eu deux profs de dessins qui m’ont aidé. Claudine Corguillet dont voici deux eau-fortes…

eau forte de Claudine "La Cage"

Eau forte de Claudine Corguillet."La tour de veille"

j’ai surtout découvert avec elle, les mélanges subtils de couleur, pour ne pas employer le noir.

Et puis Michel Ray qui était aquarelliste mais dont je ne possède hélas aucune oeuvre.

Je passais beaucoup de temps au CEDAC à Auxerre, où je rencontrais des artistes, comme Yvri Giltlis, le violoniste qui a joué pour Léo,  où je faisais du théatre le week end, où j’étais proche de la collection de fossiles et de lépidoptères du musée de l’abbaye St Germain dont j’avais déjà en 4ème exploré  sous sols et  greniers en bonne compagnie !

Et puis…

J’arrive une fois de plus télescopé, à Oyonnax, allez donc savoir pourquoi ce bled dans le Jura où il fait parfois – 40°, comme une certaine année avant Tchernobyl…le froid … la neige…les sapins…rien que d’y repenser j’en ai la chair de poule, quand avec le café sous le bras je montais à pied faire des aquarelles dans le neige, comme la chèvre de monsieur Seguin, seul…tellement seul que je savais très bien que le loup ne viendrait pas me manger…

j’ai rencontré un artiste…Alain…super un sculpteur ! quel pied dans son atelier…le mystère vivant…l’atelier de Giacommetti, les murs gris, là-bas dans un couloir, après les usines, les ateliers de matières plastiques, un mec qui taille la pierre, le granit, qui vit comme un ours dans les montagnes. Je deviens son ami, si tant est que ce soit possible … puis je travaille bientôt chez le Pierrot Maillet, à Martignat. J’ai rencontré le patron dans un bistrot où nous avions coutume de nous rendre Alain et moi, pour y rencontrer aussi les autres, ceux de la société des naturalistes, les savants fous de champignons ! Alain fait une expo au Château de Dortan, je rapporte du bois de la forêt d’Othe, des outils récupérés  dans les caves ou les greniers, je travaille sur le balcon !

Pose du monument à la résistance

Le Pierrot à droite, le « Turc » à gauche et bibi au milieu, avec les cheveux longs…

C’est avec les marbriers que j’apprends à travailler la pierre, depuis le déchargement des camions, hisser les blocs au tire fort sur la scie, polir les tombales en « Hauteville », calcaire pays. Graver…poser, creuser des caveaux au cimetière d’Echalon par tous les temps, c’ est intensif…

donc fort de cette expérience en marbrerie funéraire, je trouve vite un atelier, au 45 rue du Château, sur une butte assez raide, avec le soleil couchant, je domine « la plaine » oyonnaxiènne, j’ai aussi un petit bout de jardin, je plante des patates. Un atelier, en deux pièces séparées, de 70 m2, juste un compteur, pas de clef, la porte est toujours ouverte… pour la somme modique de 50 f par mois … en 1979 … ça laisse rêveur …

Premières tailles…

Caméléon - Pierre de Viry

Oiseau-ange . Calcite cristal

A cette époque n’ayant aucun outillage, je fais surtout de la peinture…et du dessin.

***

Mimosa

Du modelage et du moulage dans l’atelier d’Alain, puis dans le mien…

Dans la carrière du Pierrot, à Jargeat, près Martignat, il y a un calcaire oolithique rose qui me plaît bien, avec lequel le grand père Maillet faisait des sculptures. Pierrot m’autorise à aller en ramasser un bloc, que je travaille sur le chantier après mon repas.

La chevelure de Bérénice

je travaille toujours sur le même thème inspiré de » la sagesse de la terre » de Constantin Brancusi.

sur le balcon du logement collectif que j’habite à l’époque, j’ai quand même taillé ce chêne centenaire qui me venait tout droit de Bussy-en-Othe.

je ne fais pas de regard, le regard est intérieur, il est immense et ne peut se représenter, il est l’étendu de notre regard.

En 1979, je commence « Le Chat » en même temps que j’acquière quelques outils de sculpture manuels, pointes, gradines et gravelets…

Voici l’ étude en plâtre

moulage chat

…un moulage inspiré par les chats égyptiens et puis

j’attaque le marbre…

ébauche du chat

je fais l’ébauche de la sculpture dans la partie gauche du bâtiment et le polissage avec la peinture dans la partie droite qui est chauffée.

les finitions et le polissage

1983 le cadran solaire du lycée Painlevé…les images

1984…symposium de sculpture sur bois lamellé-collé organisé par Jean-Jacques Dalmais au lycée technique de Bellignat.

Voici toutes les équipes au bistrot, le seul à porter des lunettes de soleil, devinez qui c’est ? distant, agressif, coléreux…

ce jour là je devais avoir fait ou dit quelque chose qui n’avait pas plu, car personne sauf « Boboss », ne m’adressait vraiment la parole, mon coéquipier est arrivé avec une journée ou deux de retard, comme d’hab, j’ai fait avec…espérant que l’avenir serait meilleur.

Voici les sculptures

l’équipe de Jean-Jacques Dalmais se composait de Jean-Marc Novel et Claude Delbos dit « Boboss ».

l’équipe de Patrick Metendier était composée de François Mantilleri et de Michel Lecoq qui donne la dernière touche ici à sa sculpture.

l’équipe d’Alain Coutty avec Xavier Hamard

je n’ai pas de photo de la sculpture de Jacky Levecq, Bernard Herquel, Colette Cossin, Pierre Bernard.

mon équipe avec Jean Peinturier.

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